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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 12:30

Sarah Cohen-Scali est décidément très forte : quel que soit le genre dans lequel elle s'essaye, historique avec Max (Gallimard, 2012), thriller (Phobie, 2017), elle nous offre des histoires glaçantes, fascinantes et inoubliables ! Gingo est son dernier livre, publié dans la collection Électrogène, chez Gulf Stream. 

 

Imaginez : dans un futur proche, la population s'est séparée en deux à cause de protestations liées à l'usage intensif d'Internet et des réseaux sociaux, devenus de véritables outils de surveillance. D'un côté, une minorité de privilégiés vit dans une cité high-tech ultraprotégée et hyperconnectée ; ce sont les Blancs. De l'autre, les Bleus se sont complètement coupés des réseaux, mais se retrouvent exploités par les Blancs.

 

Dans la première partie du roman, nous suivons Jade, une Bleue qui désire ardemment un enfant. Mais ce sont les autorités blanches régulent les naissances. Évidemment, les Blancs n'utilisent plus des méthodes naturelles, préférant choisir leurs futurs enfants grâce à des simulations virtuelles qui anticipent toute leur vie (pratique quand on rêve d'une fille danseuse ou d'un garçon surdoué !). Jade va devoir se montrer irréprochable pour qu'on lui accorde le droit de concevoir. Mais quand elle entre au service d'une famille de Blancs, leur mode de vie régi par la technologie la révolte et elle perd ses chances d'avoir un enfant... 

 

« Son renvoi ne fut pas une surprise pour Jade, mais le refus de sa candidature à l'enfantement la plongea dans le désespoir. Elle s'enferma dans sa chambre trois jours durant. Pleurant. Sanglotant. Hurlant sa colère. Rabrouant Alban lorsqu'il se risquait à frapper à sa porte pour la consoler. 

Adopter ! Voilà ce à quoi elle était réduite. Comme si cela pouvait être une réponse à sa douleur, à la terrible frustration qu'elle éprouvait. Ainsi on la condamnait à devenir une de ces mères de substitution, ces femmes qui avaient l'air si malheureuses, constamment épuisées. Des fantômes de mères. Jade les avait observées lorsqu'il lui arrivait de passer à proximité du quartier qui leur était réservé. Un sous-ghetto dans le gigantesque ghetto de la Cité bleue. »

 

Vous vous demandez sûrement pourquoi ce roman s'appelle Gingo. Il s'agit du nom d'un personnage capital dans la seconde partie de l'histoire, qu'il convient de découvrir par soi-même. Il est difficile d'en parler sans trop en révéler ! Car, jusqu'à la dernière page, Sarah Cohen-Scali nous tient en haleine. Le monde futuriste qu'elle a inventé fait froid dans le dos.  Que ce soit par la surveillance constante des habitants, le contrôle implacable des naissances ou alors par les adoptions forcées, et elle n'a de cesse de nous en montrer ses dérives chapitre après chapitre. Cependant, tout n'est pas si sombre ; Gingo nous également que l'espoir demeure et que l'amour maternel, le plus fort de tous, peut changer le monde. En bref, c'est un livre marquant, à découvrir dès 14 ans.

 

Gingo, de Sarah Cohen-Scali

Gulf Stream « Électrogène », 2018

17,50  €

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