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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 12:30

On vous avait parlé de Stéphane Servant il y a quelques temps à l'occasion de la sortie de son album Ma Mère, illustré par Emmanuelle Houdart (article ici). Également auteur de romans pour adolescents, son dernier livre Sirius est une pépite de littérature jeunesse à ne manquer sous aucun prétexte.

 

 

Imaginez la fin du monde : les animaux ont presque tous été tués, les derniers humains sont stériles et la terre est empoisonnée. C'est dans cette ambiance désolée qu'Avril élève seule son petit frère de 5 ans, Kid. Ils vivent tous les deux dans une cabane au sommet d'un grand arbre. Mais leur havre de paix est voué à disparaître : pourchassés par les Étoiles noires, ils sont forcés de quitter leur refuge et de se jeter sur les routes. Commence alors leur long voyage dans ce monde qui touche à sa fin, où la folie des Hommes engendre la pire des sauvageries. Malgré tout, la route d'Avril et Kid va croiser celles de singuliers personnages qui leur font croire de nouveau à l'espoir...

 

 

 

« Je sais qu'un jour on sera morts. Toi et moi. Mais y'a quelque chose que j'sais pas : comment c'est, de mourir ?
Avril hésita à répondre.
- Comment c'est ? insista le gamin.
- On meurt un peu tous les jours, Kid. Sans s'en rendre compte. C'est pour ça que la vie est précieuse. Qu'il faut en profiter.
- Alors mourir et vivre c'est la même chose ?
- Les enfants ne meurent pas, frérot. Il grandissent.
Kid se releva, il glissa sa petite main dans celle d'Avril.
- Moi, en attendant d'être mort, j'espère qu'on sera vivants. Tous les deux. Très longtemps.
»

 

Nos héros ont grandi trop vite dans ce monde impitoyable, où ce sont les plus forts qui survivent. Mais ils n'en demeurent pas moins humains et touchants. Tous vont évoluer au fil de cette histoire magnifique, qui se transforme peu à peu en road-trip fascinant. La plume de Stéphane Servant est délicate et affûtée : des scènes violentes succèdent à d'autres plus calmes, poétiques. Sirius est une superbe aventure à découvrir sans attendre à partir de 13 ans.

 

Sirius, Stéphane Servant

Rouergue épik, 2017

16,50 €

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 12:30

On connaît bien Marie Curie de par son travail scientifique et ses grandes découvertes. Mais après tout, comment en est-elle arrivée là ? Après avoir écrit une biographie destinée aux adultes sur le parcours de cette grande femme,Natacha Henry se penche ici sur l'adolescence de Marie, poignante. 

 

 

 

Marie Curie est née en Pologne durant la seconde moitié du XIXème siècle. Elle passe son enfance à Varsovie avec ses frères et sœurs. Dès leur plus jeune âge, leur père les encourage à apprendre et éveiller leur curiosité. Rapidement, Marie et sa sœur Bronia se prennent de passion pour les sciences. La première rêve de devenir chimiste tandis que la seconde souhaite devenir médecin. Pour cela, il leur faut aller à l'université. Mais, à l'époque, les études sont interdites d'accès pour les femmes. Les deux sœurs scellent un pacte : Marie restera à Varsovie travailler pour pouvoir financer les études de Bronia, partie étudier à la Sorbonne à Paris, où l'accès commence à être ouvert aux femmes. Mais le chemin à parcourir est long et la bataille pour l'égalité dure ! Marie rejoindra sa sœur dans un second temps, lorsque celle-ci aura pu s'installer définitivement.

 

 

"- n'oubliez jamais, disait Wladyslaw, que vous devez contribuer à l'amélioration de la société. Vous n'avez qu'une seule vie, ne la gaspillez pas. Vous devez trouver votre chemin, et devenir quelqu'un. 

Et en matière d'ambition ou d'intelligence, il faut le souligner, Wladyslaw ne faisait aucune différence entre filles et garçons. Cette position était plutôt audacieuse pour l'époque. [...] L'idée de voir Bronia, Hela ou Marie se fourvoyer en futilités pour finir par se soumettre au bon vouloir d'un mari insipide lui était insupportable. [...] Il aller donc les encourager sur le chemin de la connaissance."

 

 

Peu d'ouvrages existent sur la vie de Marie Curie pour les jeunes. C'est donc avec beaucoup de joie et d'enthousiasme que nous avons reçu celui-ci. L'écriture, fluide et très agréable, emporte facilement dans le récit de ces destins fascinants et émouvants. Quelques repères chronologiques permettent de bien suivre le fil des vies. Petit plus, l'auteur se focalise sur l'adolescence de Marie et Bronia, ce qui permet de découvrir une partie peu connue de leur vie. Un très gros coup de cœur, à découvrir et offrir dès 13 ans. 

 

 

Marie et Bronia : le pacte des sœurs de Natacha Henry

Albin Michel jeunesse, 2017

14€

 

 

 

 

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 12:30

Sarah Cohen-Scali a fait beaucoup de bruit en littérature ado grâce à son roman coup de poing Max, sorti chez Gallimard en 2012. Cette fois, exit l'historique ! Phobie est un thriller psychologique, comme je n'en avais que très peu lu auparavant. 

 

 

Anna, 16 ans, se réveille dans une cave. Séquestrée, elle n'a aucun souvenir, aucun repère, si ce n'est un œil rouge, l'observant à ses dépends. Cet œil ressemble en tout point à celui du croque-mitaine qui hante ses cauchemars depuis la disparition de son père. Personne ne la croyait mais elle le sait : le croque-mitaine a enlevé son père et est revenu la chercher. Seule et enfermée, elle va devoir parcourir onze années d'oubli.

 

En parallèle, le commandant Ferreira est chargé de l'enquête sur la disparition d'Anna. Il était déjà sur celle de la disparition de son père, et les deux affaires semblent liées. Le docteur Fournier, psychiatre de la jeune fille depuis l'apparition de ses crises nocturnes, a beaucoup d'éléments à transmettre au commandant. Ensemble, ils vont devoir parcourir onze années de terreur.

 

 

"J'ai beau attendre, non seulement je ne parviens pas à crier, mais je finis par comprendre ce qui se passe. JE NE DORS PAS. Je suis bel et bien réveillée, pleinement consciente. Je ne suis pas en train de faire mon cauchemar récurrent, celui qui revient systématiquement me hanter avec une régularité d'horloge. Il ne s'est pas non plus modifié, comme je l'ai cru tout d'abord.
C'est pire que cela.
Il s'est réalisé.
"

 

 

Anticipation, horreur et conte de fée se mêlent dans ce roman hors du commun. Nous sommes baladés de supposition en doute, sans jamais savoir ce qu'il se trame réellement. Nous basculons sans cesse de la frayeur à l'incompréhension. Sarah Cohen-Scali tient son récit avec perfection, jusqu'à un dénouement en apothéose. Les personnages sont attachants, aussi bien Anna, très émouvante, le psychiatre oscillant en permanence entre savant fou et génie ou le commandant, rêvant de clore enfin cette enquête. Si vous ne craignez pas d'avoir trop peur, jetez-vous dessus ! C'est un bijou ! Dès 14 ans.

 

 

Phobie de Sarah Cohen-Scali

"Électrogène" de Gulf Stream, 2017

18,00€

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 12:30

Imaginez-vous un monde où la fortune de vos parents peut faire de vous un super-héros. En 2038 c'est possible. Le « POWER CLUB » recrute des adolescents de 17 à 25 ans, venant de familles très riches et de toutes nationalités confondues, avec à sa tête une femme de poigne, Madame FOSTER. 

 

Pour y rentrer il vous faut : 

  • Avoir reçu un laissez-passer pour le Power Club 
  • Passer une série d'entretiens (psychologiques et médicaux) 
  • Et SURTOUT avoir l'approbation de la directrice 

Une fois toutes les conditions réunies, vos pouvoirs ou « boosters » vous sont injectés. Il s'agit d'éléments nanotechnologiques mélangés à  votre ADN. 

 

 

"Il peut exister une différence entre ce qui est scientifiquement possible et ce qui devrait être moralement souhaitable" 

Anna Granville vit à Paris, et contrairement à tous ses camarades, elle ne supporte pas les membres du POWER CLUB, pour elle, ils en font beaucoup trop. Le jour de ses 17 ans, ses parents lui offrent la possibilité de devenir membre du club, donc d'être une super-héroïne et par conséquent d'avoir une nouvelle vie. Entre appréhension et envie de relever le défi, la voilà partie pour New York afin de rencontrer la directrice et de passer tous les tests (qu'elle réussit haut la main). Suite à une fusion totale avec ses « boosters » et l'adaptation à ses nouveau pouvoirs, Anna devient une star mondiale. Pour elle la vie est belle. Mais un événement vient assombrir le tableau. Alors qu'on les pensait invincibles, un membre du POWER CLUB est retrouvé mort. La nouvelle arrivante cherche à tout prix à découvrir ce qu'il s'est réellement passé. Ce qui ne va pas du tout plaire à Madame Foster qui veut à tout prix garder une image lisse et parfaite de ses super-héros. 

 

« Moi, Anna Granville, je jure de mettre l'usage de mes super pouvoirs au service du bien et de la vérité. Je m'engage à avoir en toute circonstance une tenue et un comportement qui respecte l'éthique du club. En aucun cas je n'accepterai de l'argent ou une quelconque récompense à la suite de mes actions en tant que super-héroïne. Je promets d'être digne du don que j'ai reçu, de défendre les valeurs de l'Amérique et de respecter les commandements de la Sainte Bible. Je m'appelle Anna Granville et je suis une super-héroïne... »

 

 

 

 

 

 

 

Déceptions, trahisons et révélations, POWER CLUB nous tient en haleine jusqu'au bout. Dans ce premier tome d'une trilogie très prometteuse, Alain Gagnol dresse le portrait d'une jeune adolescente pleine de sarcasmes à laquelle on s'attache très rapidement. Il revisite à sa façon les codes de la Science-Fiction… et ce n'est pas pour nous déplaire ! L'écriture est dynamique et fraîche. L'auteur aborde avec talent une satire de notre société actuelle. L'histoire est très prenante, pleine de rebondissements en tous genres. Dès 14 ans. 
Et pour les fans, le tome 2 vient juste de paraître.

 

Power Club d'Alain Gagnol

Tome 1 L'apprentissage

Tome 2 Ondes de choc

Syros, 2017

17,95€
 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 12:30

Après avoir écrit un grand nombre de séries et de romans "girly", Nathalie Somers se lance dans un nouveau genre, mêlant fantastique et historique. Voici donc un article sur le premier tome de Roslend, nouvelle série très prometteuse.

 

 

En 1940, Lucan mène une vie relativement paisible auprès de son grand-père, horloger à Londres, pourtant en plein dans la tourmente de la seconde guerre mondiale. Le jeune adolescent, sportif et curieux, est toujours en quête de nouvelles aventures avec sa meilleure amie Catriona. Mais un jour, juste avant de décéder, le grand-père fait une confidence très vague à Lucan à propos d'un monde parallèle et lui confie une montre pendentif bien étrange...

Dans l'autre monde, la cité de Roslend est menacée par sa voisine Nelbri.

L'Immuable, dirigeant provisoire de Roslend suite à la disparition soudaine du dernier roi, tente de faire son possible pour éviter la guerre et protéger la ville. Altrïos, espion au service des roslendiens, tente à plusieurs reprises d'infiltrer la cité de Nelbri, avec plus ou moins de succès. Au cours de l'une de ses investigations, il y fait une rencontre bien étrange ; un jeune garçon qui ne semble appartenir à aucun peuple connu de ce monde...

 

 

"La balle siffla aux oreilles de Lucan.

Il sursauta. Il ne l'avait pas vue venir. La fatigue diminuait son champs de vision. Des hurlements de colère retentirent. Il s'était mis dans une sale situation, mais le temps n'était pas aux regrets. Il bondit en avant. Oubliant l'épuisement et la douleur irradiant son épaule, il se mit à courir à perdre haleine. On comptait sur lui, on lui avait fait confiance. [...] Son instinct lui souffla les gestes qu'il avait à accomplir. "

 

 

C'est une très belle surprise, avec tout d'abord une couverture pour le moins attractive et réussie. Quand à l'histoire, elle est à la hauteur des espérances : on se laisse facilement et avec bonheur entraîner dans les aventures de Lucan et ses compagnons. S'il n'est pas toujours simple d'imaginer les paysages ou autres dragons et bêtes fantastiques, pas de panique, l'écriture de Nathalie Somers est fluide et permet de tout visualiser. De rebondissements en révélations, l'action ne s'arrête jamais ! En attendant le deuxième tome, je vous conseille vivement de lire ce premier opus, dès 12 ans. 

 

Roslend, Tome 1 de Nathalie Somers

Didier Jeunesse, 2017

17€

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 12:30

Paru pour la toute première fois en 1812, Blanche Neige a connu d'innombrables adaptations, s'éloignant de plus en plus du récit d'origine. Nouvelle adaptation, nouveau projet, nouvelle mise en valeur de ses valeurs intemporelles. Et ils n'étaient pas trop de 3 artistes pour s'emparer de ce monument : Lylian au texte, Nathalie Vessillier au dessin et Rozenn Grosjean à la colorisation.

 

Il était une fois, dans un royaume immergé en plein hiver, une reine qui se piqua le doigt. En voyant le sang tacher la neige immaculée, elle se prit à rêver d'avoir un enfant blanc comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noirs comme l'ébène. Quelques mois plus tard, une petite fille naquit. Elle correspondait en tous points au souhait de la Reine. Avant de mourir, elle baptisa l'enfant Blanche Neige....

 

Narrée dans toute sa cruauté et sans détour, cette adaptation met superbement en valeur le conte originel. Exit les princesses ingénues et les méchants ridicules, nous voilà plongés dans la noirceur de Blanche Neige. Alternant texte et dialogue, Lylian parvient tout de même à ajouter sa touche personnelle au récit des frères Grimm. Les illustrations, tout en vert et ocre, nous plonge dans un véritable univers de douceur. Cette bande dessinée décuple la puissance de ce conte et permet aux plus jeunes de le découvrir dans son entièreté. Une excellente adaptation, dès 10 ans.

 

Blanche Neige de Lylian, Vessillier et Grosjean

Delcourt, 2016

17,95€

 

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 12:30

Grafiteen est une toute nouvelle collection lancée en fin d'année 2016 par les éditions Milan. Ayant pour but de s'adapter aux envies de la nouvelle génération de lecteurs pré-adolescents, elle propose des bandes-dessinées et des romans illustrés avec de l'aventure, de l'humour et un peu de frissons. Je vous propose ici un focus sur le roman Les beaux gosses de l'apocalypse, premier tome d'une série prometteuse.

 

 

Jack Sullivan est un jeune adolescent de 13 ans qui était jusque là balloté entre différentes familles d'accueil. Loin d'être la star du collège, tant sur le plan des amis que sur le plan scolaire, tout change du jour au lendemain avec l'Apocalypse des monstres ! En effet, suite à une invasion de Zombies et autres affreux et spectaculaires personnages, Jack est l'un des derniers survivants. Loin de s'inquiéter de la situation, il en profite justement pour mettre en application différentes stratégies apprises dans les jeux vidéos, construire sa cabane forteresse ... Mais surtout, il se fixe des objectifs bien précis, dont les plus importants sont : retrouver son meilleur ami et sauver la belle June Del Toro. Surtout que Jack a un grand avantage : c'est un type cool. Très cool même.

 

 

 

C'est une belle réussite pour cette nouvelle collection. L'idée du "roman graphique", c'est à dire l'oscillation entre texte et illustrations apportent ici beaucoup d'humour et de dynamisme au texte de Max Brallier. Les frissons aussi sont au rendez-vous de ce premier tome, avec des monstres et surtout des personnages à la fois courageux et en même temps très humains. Les petits lecteurs comme les plus mordus y trouveront leur compte, avec la garantie d'attendre comme moi la sortie du second tome ! Une série à démarrer dès 12 ans.

 

Les beaux gosses de l'apocalypse ; Tome 1 de Max Brallier et Douglas Holgate

Milan, 2016

13,50€

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 12:30

Mo, adolescent geek, introverti, mal dans ses baskets, ne supporte pas l'école et déteste par dessus tout le sport. Son monde à lui, c'est Endof World, le jeu de rôle sur lequel il passe le plus clair de son temps. L'autre monde, il le déteste, il le fuit. Pendant une course d'orientation et après une dispute avec ses coéquipiers, Mo jette l'éponge et s'enfuit dans la forêt. Mais il commence à douter... Serait-il suivi par un troll tout droit sorti de son MMORPG favori ? Et si ses deux mondes étaient en réalité mélangés ?

 

Complètement perdu et épuisé, Mo se perd et se blesse gravement. Il perd connaissance. Pendant quelques moments de lucidité, il sent bien qu'il se fait soigner, qu'il est nourri...

 

Porté disparu, il est retrouvé quelques semaines plus tard par des chasseurs. Mo n'est plus le même : perte de poids, abandon des jeux vidéos, intérêt pour ce monde qu'il détestait tant ! Sa vie est radicalement différente. À présent, son but est de retrouver ce qui l'a soigné. Commence alors une aventure humaine émouvante.

 

 

"Endof World, ça fait des mois que je n'y joue plus, c'est une passion que pas mal de gens autour de moi ont critiquée, genre Allan mon faux père ou l'oncle Gé. Ce qu'ils disaient, c'était que ça m'apportait rien, que ça m'enfermait, et sans doute qu'ils avaient raison. Mais s'ils étaient là maintenant devant moi, je leur dirais qu'on s'enferme toujours quelque part, qu'on est tous prisonniers de quelque chose, et que le truc c'est de trouver la porte, un jour au moins."

 

 

 

Mo est un garçon entier, qui laisse parler ses émotions. La découverte qu'il fait dans les branches l'ouvre à cette réalité qu'il reniait et lui offre une belle histoire d'amitié qui mettra tous ses sens à l'épreuve. Emmanuelle Maisonneuve arrive à nous transporter avec douceur et poésie dans l'univers de ce jeune garçon en pleine renaissance. Ce roman est touchant, bouleversant et prend vraiment aux tripes. J'assure à toute personne voulant entamer sa lecture un merveilleux moment, dès 14 ans. Attention : Paquet de mouchoirs nécessaire !

 

 

Dans les branches d'Emmanuelle Maisonneuve

Graine2, 2015

15,90€

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 12:30

Estelle Laure : un nom à retenir. Son premier roman Cette obscure clarté a été traduit cette année par Hachette Romans. Et les seuls adjectifs qui me viennent en tête pour décrire le roman sont : puissant, extraordinaire, bouleversant, grandiose. Une auteure à suivre et un roman à lire.

 

Lucille, 17 ans, se retrouve seule avec sa sœur de 9 ans, Wren. Leur père a été interné et leur mère est partie en vacances. Sauf qu'elle ne revient pas. Lucille doit mentir à tout le monde pour ne pas être séparée de sa sœur et prendre un petit boulot pour payer les factures. Eden, sa meilleure amie, a bien des soupçons car Lucille n'a plus une seule seconde pour elle. Mais la peur de perdre sa sœur la contraint au silence. Dans ce contexte, difficile de continuer à vivre normalement et de construire une histoire d'amour ! Et pourtant, le beau Digby l'obsède. Un beau jour, le frigo se remplit tout seul. Y aurait-il une petite fée pour veiller sur elles ?

 

"Ma mère aurait dû rentrer chez nous hier, après ses deux semaines de vacances. Quatorze jours. Elle avait besoin, soi-disant, de prendre ses distances avec tout (lire aussi avec NOUS), et elle serait de retour avant la reprise des cours. Je savais au fond qu'elle ne pointerait pas le bout de son nez, vu ce que j'avais trouvé au courrier hier. (...) On était seules, Wrenny et moi, au moins pour le moment. Wren et Lucille. Lucille et Wren. Je suis prête à tout. Personne ne nous séparera."

 

Si le point de départ du roman est plutôt négatif, Estelle Laure écrit avec beaucoup de poésie et d'optimisme. Les liens entre frères et sœurs (aussi bien Lucille et Wren qu'Eden et son frère) sont exprimés avec énormément de puissance et d'amour. L'héroïne est têtue, certes, mais c'est ce qui fait sa force. Un message d'espoir pointe évidemment derrière ce récit : même dans les situations les plus difficiles, on n'est jamais seuls. Un roman qui ne laisse pas indifférent. Dès 13 ans.

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 12:30

Il n'est jamais évident de créer une fiction à partir d'un personnage ayant réellement existé. C'est en tout cas très réussi dans le cas de Sharon E. McKay, qui a souhaité raconter la vie d'Esther Brandeau, jeune juive au début du XVIIIème siècle. En voici un résumé.

 

En 1735, en France, Esther Brandeau a quatorze ans et est la fille illégitime d'un grand marchand d'étoffes juif. À cette époque, où les femmes ne peuvent vivre sans la tutelle d'un homme et où la religion juive est tolérée mais non acceptée, Esther fait office d'exception. Car la jeune fille, très déterminée et courageuse, n'accepte pas le destin qui lui est proposé. Fuyant loin de sa famille, elle va d'abord être cuisinière avant de devenir protégée d'une courtisane puis d'embarquer en tant que marin sur un bateau à destination de la Nouvelle-France... Arrivera-t-elle à vivre enfin une vie paisible là-bas ?

 

 

" Tandis qu'elle attendait dans l'antichambre humide, avec pour seule compagnie la présence douteuse des gardes, Esther se rongeait d'inquiétude en repensant à sa conversation avec l'intendant . Elle n'avait pas autant douté d'elle même depuis qu'elle s'était coupé les cheveux et avait mis des vêtements d'homme.
Elle avait pris la décision de dire la vérité au moment où elle s'était débarrassée de ses vêtements masculins et où elle avait retrouvé son état de femme.
-Esther... Esther...
Comme il était bon d'entendre son prénom.
Elle avait parlé à haute voix. Un garde se retourna et la regarda durement. Gênée, elle baissa les yeux sur ses mains. Mais quelle importance ? Peu de choses comptaient pour elle, à présent. [...]Si la vérité ne lui apportait pas la liberté, peut-être lui apporterait-elle au moins un certain soulagement.
"

 

C'est une très belle fresque historique que nous propose Sharon E. Mckay. Découvrez à travers les yeux d'Esther les conditions de vie des femmes au début du XVIIIème siècle, mais aussi celle des juifs, contre lesquels l'antisémitisme était déjà présent. Remarquablement bien traduit, riche en vocabulaire, l'épopée de cette jeune femme aux multiples destins ne cesse de surprendre et de susciter l'admiration de la part du lecteur. Raconté avec beaucoup de justesse, il est à faire découvrir de toute urgence aussi bien aux ados qu'aux adultes !
Dès 13 ans.

 

Esther de Sharon E. Mckay
L'école des loisirs, 2016
18,80€

 

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