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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 12:30

L'Auberge espagnole version lycéens ! C'est le nouveau sujet sur lequel a décidé de se pencher Jean-Philippe Blondel, après son roman sur les blogs ou celui sur les images intérieure et extérieure des ados. 

Qui n'a pas rêvé, ado ou jeune étudiant, de faire une colocation avec son ou ses amis ? Les parents de Romain viennent tout juste d'hériter d'un grand appartement en plein centre-ville, à quelques minutes à pied du lycée. Bien décidé à sauter sur l'occasion, notamment pour en finir avec les longs trajets en bus et surtout avec la vie de famille, il réussit à convaincre ses parents. Commence alors la recherche de colocataires. Le choix se porte sur Rémi, le stéréotype du geek (peu causant, bizarre et mal habillé) et Maxime, tout son contraire (le garçon populaire qui séduit toutes les filles). Une année pleine de changements s'ouvre pour Romain, entre joie, émancipation et contraintes de la vie en communauté ! 

"Bon, la première chose que nous avons faite, quand nos parents ont tourné les talons, c'est de hurler – de joie, de soulagement. Nous étions tous les trois tendus – nous n'étions pas sûrs qu'ils iraent jusqu'au bout, nous étions convaincus qu'à un moment ou à un autre, ils allaient dire non, ce n'est pas possible, retourne à l'internat, reprends le bus, c'est une idée stupide, la colocation, à seize ans."

Une très bonne surprise ! Tout d'abord un peu intriguée par le thème, je me suis plongée avec délice dans ce récit très juste sur les relations entre adolescents (et plus particulièrement entre garçons, ce qui n'est pas assez présent dans la littérature adolescente). Une écriture agréable, une histoire avec des personnages très attachants, un gros coup de cœur à faire découvrir aux jeunes à partir de 14 ans. 

 

La coloc de Jean-Philippe Blondel
Actes Sud Junior, 2015
12,50€

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 12:30

 

À ce jour, Les deux Van Gogh est le seul manga de Hozumi paru en France et, ce n'est pas toujours le cas, il a scénarisé et dessiné seul. Il s'agit d'un one-shot relatant l'histoire du peintre et de son frère Théo, marchand d'art. Cette histoire mêle (beaucoup) la fiction et (un peu) la réalité.

 

 

Ici, Théo est un marchand d'art de génie, innovant et méprisé de l'Académie des Beaux-Arts de Paris pour ses méthodes pas toujours orthodoxes. Vincent, lui, est un peintre miséreux ne cherchant pas le moins du monde le succès. Toujours dans la lune, il aime la peinture et s'est consacré à cette activité sur les conseils de son frère dans leur enfance. Vincent ne cherche qu'à "immortaliser l'instant", aider quelqu'un dans le besoin ou rendre le sourire à une nouvelle rencontre. C'est là toute sa beauté et ce qui rend l'histoire plus émouvante à chaque page.

Théo ne cesse de répéter à Vincent que son talent est un don du ciel et qu'il doit en faire usage au mieux. En tant que marchand d'art reconnu, il est en son pouvoir de faire connaître Vincent mais le monde n'est pas prêt : à cette époque, aucun peintre n'était reconnu et accepté par le milieu s'il n'était pas au préalable validé par l'Académie.

Comment Théo peut-il faire pour montrer au monde le talent de son frère ? Comment rendre célèbre quelqu'un qui ne cherche pas le succès mais aspire à une vie sans encombres ? La solution se trouve au delà de toutes les hypothèses et rend l'histoire intrigante et fascinante encore bien après la lecture.

 

 

La peinture est bien sûr la chose la plus présente et la question de l'art pour tous, de peinture honorable ou trop banale se pose tout au long de l'histoire. Lorsque l'on voit Vincent peindre, c'est toujours beau, empli d'émotion. Là où Toulouse-Lautrec ou d'autres peintres peuvent se montrer méprisants, lui est toujours dans le positif et "ne connaît pas la colère". Un personnage fascinant à découvrir à travers cette histoire d'urgence ! Contrairement à d'autres biographies romancées, les incohérences avec la réalité ne sont pas dérangeantes dans Les deux Van Gogh car tellement poétiques. Ne m'est venu qu'une envie après avoir fini le livre : commencer une biographie (véridique) de Vincent Van Gogh. Dès 14 ans.

 

 

Les deux Van Gogh d'Hozumi
Glénat, 2015
10,75€

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 12:30

Après avoir été nègre littéraire pour plus de 30 livres de célèbres auteurs français, Gabriel Katz s'est mis à son compte et c'est encore une fois très réussi. Les éditions Scrinéo nous proposent sa nouvelle série : Aeternia, dont le premier volume sorti en janvier dernier est un gros coup de cœur !

 

Leth Marek, champion d'arènes, annonce sa retraite à 40 ans, au sommet de sa gloire. C'est le moment pour lui de profiter de ses deux fils, qu'il connaît à peine. Il a fait le choix de les emmener à Kyrenia, la grande cité intellectuelle du monde, loin de la violence de son petit village natal. Mais la route s'annonce difficile quand, après avoir croisé un culte itinérant et une jeune femme qu'il sauve de la noyade, sa famille est massacrée. Commence alors pour lui une vie de chaos...
À Kyrenia, où le culte de la Grande Déesse est l'attraction principale de la ville, les grands prêtres et autres puissants du temple tirent les ficelles politiques et s'entredéchirent. Mais le nouveau culte itinérant va venir compliquer bien des choses et réveiller des instincts bien noirs.
La hache de Leth Marel va de nouveau tremper dans le sang...

 

"Le plus violent des combats est celui que l'on mène contre ses propres croyances."

 

Puissant. C'est la première impression qui s'est dégagée quand j'ai refermé ce roman. Une intrigue très bien menée, une écriture prenante, que dire de plus ? Ah si quand même, une thématique très bien exploitée, sur fond d'actualité, avec une pointe de magie, juste ce qu'il faut. Je dois quand même ajouter que les personnages, même si leur histoire n'est pas forcément très développée, sont passionnants à suivre. Il n'y a plus qu'à attendre le deuxième tome, prévu pour le 27 août 2015. À partir de 16 ans.

 

Aeternia ; Tome 1 La marche du prophète de Gabriel Katz
Éditions Scrineo, 2015
20€

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 12:30

Vous parler de ça est sorti aux États-Unis en 1998, puis adapté en film en 2004. Il n’a été traduit en français que cette année, grâce aux éditions La Belle Colère. Cette maison d’édition toute récente a pour but de proposer des ouvrages sur les adolescents non seulement à ces derniers, mais aussi aux adultes, pour qu’un nouveau lien puisse se créer entre eux.

 

Mélinda fait sa rentrée au lycée Merryweather aujourd’hui. Elle devrait être excitée et heureuse comme la plupart des jeunes filles. Sauf que toutes ses amies du collège ne veulent plus lui parler, pire : tout le monde la montre du doigt suite à cette fameuse soirée où il s’est passé ÇA. Très vite, Mélinda se renferme sur elle-même face aux rejets constants, jusqu’au point de ne plus réussir à communiquer avec personne, même avec ses parents. Personne ne sait ce qu’il s’est vraiment passé, sauf lui, ce monstre qui, comme par hasard, fréquente le même lycée qu’elle et qu’elle fuit autant que possible. Tentant par tous les moyens de fuir ce monde, ces personnes qui la mettent mal à l’aise, à qui elle n’arrive pas à dire ÇA, elle va petit à petit réussir à s’exprimer à travers l’art en cours d’arts plastiques...

 

Ce roman, d’une puissance d’écriture incroyable, permet de mettre le doigt sur un problème de société important : comment exprimer sa douleur face un évènement tragique. Au-delà de l’accident vécu par l’héroïne (si l’on peut décrire ça en ces termes), l’auteur arrive à nous faire prendre conscience de l’importance de l’écoute face à la détresse ! On ne peut lire ce livre sans en ressortir bouleversé, changé et ému. Difficile d’en dire plus sans révéler une partie de l’histoire... La seule chose que je pourrais ajouter est que c’est l’une des rares fois où j’ai pleuré en fermant l’ouvrage.

À partir de 16 ans.

 

Vous parler de ça, Laurie Halse Anderson
Éditions La Belle Colère, 2014
19,00€

 

Bande-annonce du film "Speak"

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 12:30

Vous connaissez bien les contes de fées, l'histoire de la Belle au Bois Dormant ? Bien. La voici, et plus particulièrement celle de Carabosse, la mauvaise fée qui est à l'origine du siècle de sommeil de la belle et de son royaume. Michel Honaker, que nous aimons follement à l'Émile (souvenez-vous de notre article sur L'Agence Pinkerton), a remis au goût du jour ce mythe en avril 2014. Il nous a fallu du temps pour lire ce roman mais le plaisir n'en est que décuplé !

 

Cela commence avec deux sœurs. Léonore, d'une beauté pure et angélique, et Cara. Cette dernière est belle aussi, mais plus sombre, austère, et bossue de surcroit. Toujours à traîner dans la forêt, entourée de ses plantes et de ses filtres. Un beau jour, le prince Florestan passe près du domaine et décide de faire une halte pour la nuit. Au cours du banquet, Cara tombe sous son charme. Malheureusement pour elle, Florestan, lui, est absorbé par Léonore dès le premier regard. Tous deux tombent si éperdument amoureux l'un de l'autre qu'ils décident de rentrer ensemble, chez Florestan, à Bois-Dormant. Ils commencent une vie idyllique, sans encombres, ignorant que, restée dans son château, Cara s'est laissée ronger par l'amour qu'elle n'a pas reçu en retour de son bien-aimé. Elle a fait demande officielle auprès du Vent Mauvais pour devenir une fée, devenant ainsi Carabosse, la septième fée des Cinq Royaumes, la seule maléfique. Lorsqu'ils l'apprennent, Léonore et Florestan sont horrifiés et l'excluent de leur vie.

Peu de temps après, une enfant naît à Bois-Dormant : Aurore. Comme on peut s'y attendre, lors de son baptême, elle reçoit la bénédiction de chacune des fées. Cinq dons lui sont déjà prodigués lorsque surgit Carabosse. Pleine de mauvaises intentions, elle s'insurge de ne pas avoir été invitée et maudit sa jeune nièce en la condamnant à mourir le jour de ses dix-huit ans, piquée par un fuseau. L'histoire continue : sauvée par une meilleure fée, Aurore plongera seulement dans un sommeil profond, un prince arrivera pour la sauver... Mais Carabosse est là, terrée dans son coin, ruminant son malheur...

 

Plus sombre qu'une version de dessin animé, cette histoire parle d'amour, de vengeance, de temps qui passe, de sacrifice et d'honneur : un vrai roman d'aventure ! Pendant le siècle de sommeil, qui va veiller à ce qu'un prince embrasse Aurore ? Qui tentera d'anéantir Carabosse ? Qui chassera les créatures maléfiques qu'elle a implantées dans le royaume ? Car bien plus loin que vous pourriez l'imaginer, Carabosse tentera de se venger par tous les moyens. Il y a aussi Aurore, qui est ici intrépide et intéressante, bien loin de la princesse chantant dans la forêt de Walt Disney. Sans compter la vraie poésie de Michel Honaker... Ce livre est définitivement à lire !! Dès 14 ans.

 

Carabosse, La légende des cinq royaumes de Michel Honaker

Flammarion Jeunesse, 2014

14,00€

 

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 12:30

Nous ce qu'on aime, c'est quand des éditeurs propose une collection originale, où les ouvrages publiés deviennent au fil des années des ouvrages importants dans leur domaine. C'est le cas de la collection Exprim' chez Sarbacane, destinée aux adolescents et jeunes adultes, et qui publie essentiellement des textes sur des sujets d'actualité. Mais attention, pas de l'actualité des grands médias, l'actualité des jeunes, ceux qui se posent des questions sur le quotidien, sur ce qui peut se passer chez les autres, sur le pourquoi du comment de certaines situations. Voici donc une nouvelle histoire, sur fond de non-dits et de révélations dans deux familles ....

 

 

Bienvenue dans les Landes, où vivent Marius et son meilleur ami Esteban, 18 ans, tous deux passionnés de surf, issus de familles d'ouvriers et pêcheurs. Cet été là, c'est l'été de l'avenir, des grands projets qui se forment tout doucement : quitter le pays, quelque soit la manière, pour aller chercher une vie meilleure ailleurs. C'est le passage vers l'âge adulte.
Mais tout bascule un matin, lorsque que le grand-père de Marius débarque dans la maison familiale. Ce grand-père dont il n'a quasiment jamais entendu parler et qui, de plus, lui avait été déclaré comme mort depuis sa plus tendre enfance, arrive tout à coup sans prévenir, sortant de 20 ans de prison. Pourquoi maintenant ? Pourquoi tous ces secrets autour du personnage ? Et lui, qu'a-t-il à révéler ? Des vérités vont éclater... et vont changer bien des visions du passé et de l'avenir !

 

"Auguste n'avait fait que nier l'évidence, depuis le jour où, il y a 20 ans, il lui avait livré la plus grande confession de sa vie, avec cette conclusion affreuse : un jour, son père sortirait de prison et l'horreur reprendrait son cours. Ce jour était arrivé."

 

Dès les premières pages, l'attachement aux personnages est total ! Chacun à un caractère bien trempé et donne envie de les rencontrer dans la vie réelle ! De plus, on se croirait presque dans un thriller, avec ce grand-père mafieux qui ne dit pas tout et qui met une sacrée pagaille dans l'univers familial, la relation entre les deux amis qui en subit les conséquences et toutes les petites choses de la vie qui y interviennent (je ne vous en dis pas plus c'est promis !). Un livre très fort, grâce à son écriture et son histoire, un gros coup de cœur !
À lire à partir de 16 ans.

 

Les Géants de Benoît Minville
Éditions Sarbacane, Exprim, 2014
15,50€

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 12:30

En 1998, Franck Pavloff a publié une nouvelle, très courte, aux éditions du Cheyne, Matin Brun. Ce texte, métaphore de l'attitude des gens face aux "Chemises brunes" des miliciens nazis, aurait pu passer inaperçu. Il est pourtant devenu un des plus grands phénomènes d'édition avec plus de 2 millions d'exemplaires vendus en France, des traductions dans 25 pays, des adaptations de toutes sortes et des études dans les collèges et lycées. Aujourd'hui, Albin Michel nous offre une version illustrée de ce texte fort en émotions.

 

 

"Pour les chats, j'étais au courant. Le mois dernier, j'avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir. C'est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que, d'après ce que les scientifiques de l'État national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. (...) Les chiens, ça m'avait surpris un peu plus."

Cette histoire, bien évidemment liée aux années 30, est aussi une illustration d'événements plus récents, de nos petites lâchetés du quotidien. À cheval entre une fable sociale et un rappel de certaines valeurs, Matin Brun marque, quoiqu'il arrive.

 

 

"- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n'a rien à y gagner à accepter qu'on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.
Par mesure de précaution, on avait pris l'habitude de rajouter
brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage, c'est fait pour évoluer et ce n'était pas plus étrange de donner dans le brun que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles."

 

 

Franck Pavloff et Albin Michel ont choisi la meilleure manière d'illustrer Matin Brun. En faisant appel à C215, artiste urbain et pochoiriste français, ils font descendre ce texte dans la rue, lui donnent une universalité terriblement poignante, dans la même veine dénonciatrice et humaniste. Matin Brun est devenu un bijou à offrir, bien plus qu'une fable à connaître.

"Ni couleur imposée, ni pensée unique, nos matins seront libres."

Franck Pavloff, juin 2014.


 

 

 

Matin Brun, Franck Pavloff
Éditions du Cheyne, 1998
2,00€

 

Matin Brun, Franck Pavloff et C215
Albin Michel, 2014
12,50€

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 12:30

Il est des artistes que l'on aime et que l'on suit. Parmi eux se trouve Syrano. Auteur, compositeur, interprète et illustrateur, il est un artiste touche-à-tout, réussissant à coup sûr ce qu'il entreprend. Et son dernier roman, La Forêt des Brumes, le prouve...

 

 

L'usine à rêves est en plein tourment. Chester, le grand amuseur, maître des cauchemars, corrompt un à un les rêves des enfants. Son but ? Éradiquer l'imaginaire humain. Pitre et Igor, deux larbins bons à rien vont être chargés d'une mission de la plus haute importance : trouver Pierrot, le seul capable de résoudre tout ça. À la recherche de l'Espoir, leur quête initiatique va les mener jusqu'aux portes des cauchemars...

 

Fortement influencé par Tim Burton et Edward Gorey, Syrano nous offre une fable onirique troublante et captivante. Sous forme de roman, cette fois-ci, il renoue tout de même avec ses deux passions principales et accompagne son texte d'une galerie d'illustrations et d'un CD reprenant une bande-son, portraits sonores des différents personnages. La Forêt des Brumes est un ovni, assurément, à mettre entre toutes les mains. Dès 14 ans.

 

 

Pour chaque achat de livre, Syrano reverse 1€ à l'association SPV-Felana, à Madagascar ! Vous faites une bonne action en vous faisant plaisir !

 

Une dédicace est en cours d'organisation pour mi-novembre, stay tuned !

 

La Forêt des Brumes de Syrano
L.d.d.Z., 2014
18€

Pour en savoir un peu plus sur les illustrations, c'est par ici !

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 12:30

 

Le mois de septembre est de retour accompagné, comme chaque année, de son lot de nouveautés ! On attendrait presque la rentrée avec impatience... Katie Cotugno est une jeune américaine dont le premier roman est sorti en France en début de mois : How to Love. Il correspond aux thèmes plutôt difficiles abordés bien souvent ces derniers temps : problèmes de drogues, maladies incurables, etc. Aujourd'hui, c'est la grossesse précoce qui est mise en scène puisque How to Love a pour personnages principaux une mère de dix-neuf ans et un jeune homme perdu.

 

 

 

L'histoire est simple. Ou presque. Reena et Sawyer se connaissent depuis la naissance et sortaient ensemble lorsque Reena était au lycée. Mais un beau jour, pendant la grossesse involontaire de Reena, Sawyer part sans laisser d'adresse. Lorsqu'il revient deux ans plus tard, tout a changé : Reena s'est reconstruite tant bien que mal et arrive à être heureuse sans lui. Le pitch est mielleux et j'ai eu du mal avec les chapitres alterné, avant/après le retour de Sawyer. Ces allers et retours dans le temps et les sentiments me rendaient confuse mais c'est ce qui devient obsédant. Ce qui fait de How to love un page tuner : comprendre le passé pour agir dans le présent. Vivre le présent pour analyser le passé.

 

Dans cette histoire, chaque mot compte. Reena est la narratrice et son histoire est difficile. Pourtant, elle ne se plaint pas et ne fait pas de sens-entendus douteux du genre "j'ai réussi à m'en sortir et il vient tout gâcher". C'est une adolescente qui transpire de vie, souhaite par dessus tout parcourir le monde et découvrir mille choses, hors de sa ville de banlieue. Arrive Hannah, sa fille. Et il y a aussi Allie, sa meilleure amie. Tout ça et bien plus encore.

 

Ce livre est à lire, à faire lire et à relire. N'espérez pas sortir de l’Émile sans en avoir entendu parler !!

 

How to love de Katie Cotugno
PKJ, 2014
15,90€

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 12:30

Il y a quelques semaines, j'étais dans une impasse, en panne de lecture : plus savoir quoi lire, commencer deux livres par jour sans succès, pas d'envie précise... Pas très pratique pour une libraire... Puis on est allé fouiller dans les parutions de la rentrée avec Lauriane et j'ai dégoté Oublier Camille, qui sortira dans quelques jours. En congé le lendemain, j'ai profité de ma grasse matinée pour entamer ma lecture, que je n'ai arrêtée qu'une fois le livre terminé ! Gaël Aymon a le talent (déjà expérimenté avec Ma réputation, paru dans la même collection en septembre 2013) de nous plonger dans la vie de ses personnages et de nous donner envie d'y rester. Tout est si réel, honnête...

 

Ici c'est l'histoire de Yanis et Camille, fous amoureux l'un de l'autre depuis le collège, sans pour autant être réellement ensemble. Ils sont dans deux lycées différents maintenant et cela complique tout. Leur relation n'a jamais évolué. Ce n'est pas faute d'en avoir envie, c'est même pire : Camille est en voyage à New-York et ne donne pas de nouvelles à Yanis. Nous restons donc à Paris en compagnie du jeune homme en proie aux doutes, à l'envie d'agir et à la solitude. Peu à peu, il perd espoir, se perd tout court. Entre les cours à gérer, sa mère avec qui il habite dans un minuscule studio parisien "du moment qu'on est dans Paris", il expérimente mais ne trouve pas la vie facile. Loin des clichés, Camille n'est pas une jeune bourgeoise détestable, Yanis n'est pas un bad boy sur la mauvaise pente. Ils sont bien plus profonds que ça. En seulement une centaine de pages, Gaël Aymon nous fait passer par toutes sortes d'émotions : le doute, la tristesse, l'espoir et le désespoir, le rire et le frisson...

 

Une lecture fantastique, dès 15 ans !

 

"On s'est rencontrés il y a trois ans, en cinquième. Je faisais partie d'une bande de mecs dans laquelle je cherchais encore ma place. J'avais toujours été avec Hugo à l'école. Depuis qu'il avait déménagé, je m'accrochais à ce groupe de potes qui avait bien voulu me repêcher. Camille venait d'arriver dans notre collège. Entre les cours, elle s’asseyait avec Claire et Safi sur les marches du préau, près de la cantine. Nous, on était sur le banc, à l'autre bout de la cour. Ahmed avait flashé sur elle. Sur elle, entre autre autres. Il frimait parce qu'il était plus avancé que nous. Physiquement je veux dire. Ma place était encore incertaine dans la bande, je devais faire mes preuves. Alors j'ai accepté d'aller transmettre les messages d'Ahmed à cette fille. [...] Je me sentais plus à l'aise avec elles, de moins en moins avec eux. Camille me ressemblait plus que les autres. Avec elle, j'étais dans mes marques. C'était comme retrouver Hugo, mais autrement."

 

Oublier Camille de Gaël Aymon
Actes Sud Junior, 2014
10,90€

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